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Un label Allergènes contrôlés

Article paru dans l'édition du 26.09.09

Un Français sur trois est allergique, un chiffre en augmentation constante

Face à la hausse continue des allergies, un label conçu par les médecins allergologues de l'Association pour la recherche clinique en allergologie et asthmologie (Arcaa) a été présenté, jeudi 24 septembre, au Salon Planète mode d'emploi, qui se tient jusqu'au 27 septembre à Paris. Ce label Allergènes contrôlés vise à garantir, avec des laboratoires indépendants, que des produits comme des revêtements de sol, peintures, aspirateurs, etc., ne soient pas allergisants.

 

Une personne sur deux pourrait être allergique en 2020, selon l'Arcaa. Un problème de santé qui concerne aujourd'hui un Français sur trois, contre moins de 4 % il y a quarante ans. L'allergie a doublé en vingt ans, surtout en raison de la pollution. L'allergie alimentaire a été multipliée par deux en cinq ans, avec aujourd'hui plus de deux millions de personnes touchées (3,4 % de la population), dont plus de 5 % des moins de 15 ans.

 

Lors des Entretiens de Bichat du 14 au 19 septembre, un atelier a été consacré à l'allergie alimentaire chez l'enfant, une première. Les symptômes sont variés : troubles digestifs, cutanés (urticaire, oedème de Quincke, eczéma), respiratoires (rhinite, asthme), et même mortel (choc anaphylactique).

 

Des aliments fréquemment consommés responsables d'allergie alimentaire sont, chez l'enfant, le lait de vache, l'oeuf, l'arachide, le poisson... et, chez l'adulte, notamment des fruits du groupe rosacées (abricot, cerise, framboise...) et du groupe latex (banane, avocat, kiwi, châtaigne).

 

« Il y a de plus en plus d'allergies croisées [2 % de la population] liées à la présence d'une même protéine dans différents allergènes », explique le médecin allergologue Isabelle Bossé. Par exemple, un allergique au pollen de bouleau peut voir son allergie ressurgir lorsqu'il mange des pommes, un allergique aux acariens peut l'être aussi aux escargots. Une jeune femme a récemment eu un malaise avec oedème de Quincke cinq minutes après avoir mangé un sandwich au jambon de dinde. De l'isolat de blé (dérivé de farine de blé), utilisé comme ingrédient dans les préparations industrielles, a été trouvé dans la viande de dinde.

 

Une vigilance accrue

Comment expliquer cette hausse ? « La grande diversification des aliments et leur industrialisation ont augmenté la présence de composants chimiques », explique l'allergologue Dominique Château-Waquet. Autre raison invoquée, une vigilance accrue des médecins qui ont longtemps mésestimé ce phénomène. D'autres avancent une diversification trop précoce de l'alimentation des bébés, la baisse de la durée d'allaitement...

 

Aucun traitement n'existe contre les allergies alimentaires, en dehors de l'éviction de l'aliment. Une chose est sûre, « l'allergie se trouve et se prouve. Il faut faire un bilan allergique afin de déterminer s'il y a un danger pour la santé », rappelle le docteur Château-Waquet. « L'allergie empoisonne le quotidien. C'est difficile pour les goûters d'anniversaire, pour aller chez les amis... Il est important d'être suivi par un allergologue, pour dédramatiser », souligne Christine Roland, directrice de l'association Asthme et Allergies. En tout cas, il faut toujours la prendre au sérieux.

Pascale Santi